L'endémique Problème Lexical De La Description De L'univers Et L'enfermement Métaphysique
Le poids de l'histoire
Parler de « création de l'univers » procède d'un choix implicite et pernicieux entre deux potentialités : changement d'état ou apparition ex nihilo. Le dernier terme a bien sûr une connotation religieuse qui répond à ce besoin d'absolu qui a toujours caractérisé l'humain. Et pourtant, dans le domaine des sciences, on préfère la notion de relativité à celle d'absolu. D'une manière plus générale, il y a consensus sur l'idée de bien séparer l'approche scientifique de celle des religions. Mais le poids de l'histoire ne peut être négligé et certains scientifiques, sans doute par souci de transparence, se laissent aller à mélanger les genres. D'autant que l'approche de la théorie standard laisse à penser que la remontée du temps cosmique amène à une réduction de l'espace, jusqu'au seuil appelé, longueur de Planck (10^-35 m). Tout cela se prête bien à une certaine idée de conservatisme voire de consensus entre religions et sciences. La période qui précède ce point minuscule est jugée d'ordre métaphysique et donc plutôt du domaine religieux. On parle alors de « singularité », mot subtil qui ne déclare pas clairement l'abandon de questionnement au-delà de cette limite. Tout cela accrédite l'idée que l'univers ne peut être que créé. Mais nous allons voir que l'emploi sec du mot univers est également un contresens profond.
L'avant « singularité » de la longueur de Planck
Le consensus qui a permis la modélisation de la théorie standard, s'est fait en partie sur la base de l'abandon du champ de recherche au-delà de cette limite dite de Planck qu'en fait rien ne justifie. Il est possible que le Big Bang se soit produit à une dimension d'ordre plutôt macroscopique. Le problème lexical lié au mot univers, n'est pas résolu tout simplement parce qu'il pourrait rompre la douce et lente évolution entre la notion d'absolu et celle de relatif. Les causes du problème lexical, ont, selon moi, trois sources :
1/ L'épistémologie de la prise de conscience de l'échelle cosmique.
2/ Le choix implicite de lier création à univers.
3/ Le protocole liant la théorie à l'expérimentation.
L'épistémologie de la prise de conscience de l'échelle cosmique
La théorie héliocentrique de Copernic a détrôné la théorie géocentrique des anciens comme Hipparque et Ptolémée [1]. Ensuite on s'est aperçu que l'espace se subdivisait en galaxies, amas de galaxies, grandes bulles vides. Ces trente dernières années ont permis de poser un modèle d'univers observable qui apparait être délimité par le rayonnement fossile, le CMB. Certains [2] y ont vu le «visage de Dieu» comme par exemple l'astrophysicien George Smoot (prix Nobel 2006). L'histoire se répète car il est toujours difficile d'admettre qu'il puisse existe une suite dans l'échelle de l'espace. La sagesse eut voulu que l'on se méfie de ces étapes « finales ». Donc la terminologie « univers » est adoptée pour poser des bornes ultimes et absolues et par voie de conséquence, comme ayant eu un commencement voire une naissance ou une création. Les mots sont lâchés ; « borne, absolu, création ». L'attirance vers l'absolu est tellement humaine qu'il est difficile de la condamner. La leçon naturelle et épistémologique devrait pourtant nous pousser à considérer que l'univers observable visible aujourd'hui, n'est qu'une étape intermédiaire dans la grande échelle cosmique. Pas du tout ! On continue comme par le passer à croire qu'on touche enfin au but. Pourtant, tout porte à penser que cet univers (le nôtre) fait partie d'un pré-univers encore un peu moins abordable par notre modeste vue. Attention, cela ne vient pas appuyer les thèses qui, par défaut, impliquent des univers multiples insondables (non réfutables) qui seraient là pour justifier statistiquement les ajustements fins du nôtre. Le terme « par défaut » est lourd de sens car il prête le flanc à un certain rejet communautaire pour cause de forfaiture métaphysique. En effet, évoquer des univers multiples comme « faire valoir » au nôtre est une supercherie qui ne peut que provoquer du trouble. Cette approche est très différente de celle qui évoque un pré-univers dans le cadre d'une théorie qui proposerait des liaisons causales avérées et fortes avec les observables. L'étude de l'avant Big Bang n'est pas forcément d'ordre métaphysique si elle rapporte des éléments concrets à observer.
Le choix implicite de lier le sens « création » à univers
Le vertige que donne les niveaux de l'échelle cosmique et cette méfiance de l'approche holiste comme alternative à l'approche réductionniste actuelle, sont deux raisons fortes de singulariser le mot univers d'une part, et d'autre part de lui concéder une naissance pour cause inconnue. Tous les compromis, s'ils sont parfois bénéfiques et utiles, appauvrissent cependant le champ lexical au bénéfice de l'amalgame. Rien ne justifie que les sciences abandonnent l'idée que notre univers soit le résultat d'un changement d'état d'une partie d'un pré-univers. Rien ne justifie que l'on associe le mot création au mot univers. La question de la validité des religions n'est pas là. Après tout la respectabilité de l'idée de Dieu ne dépend pas d'une éventuelle démonstration stipulant que les lois du hasard puissent amener le pré-univers, sous forme de néant dynamique [3], à changer d'état et faire apparaître le nôtre. La transcendance liée à l'image de Dieu se situe dans le sens noble du mot métaphysique. Cependant elle ne doit pas inférer dans le domaine des sciences tout comme dans celui des états. L'histoire nous a enseigné combien cela était contraire à la démocratie et à l'expression de la liberté.
Le protocole liant la théorie à l'expérimentation
Cette idée est la base moderne de l'art scientifique. Il y a cependant de graves difficultés qui sont apparues depuis la théorie quantique. Il y a d'abord le problème des biais d'observation que la communauté scientifique connait très bien. Il y a ensuite la déviance subtile de la notion de fiabilité de l'expérience. La théorie quantique est faite de telle sorte que l'analyse expérimentale n'a de sens qu'au travers l'analyse statistique. D'autre part, il y a ce risque permanent de circularité [4] entre la théorie propre à l'interprétation de l'expérience et son ajustement par des paramètres libres. Il y a également le traitement informatique à haut niveau dans lequel la tentation d'auto-ajuster les paramètres des algorithmes est tout aussi humaine que le besoin de transcendance. Le plus grave problème se situe à mon avis dans le domaine de l'extrapolation expérimentale. Par exemple ce qui préside le choix de décider qu'une expérience (ou observation) puisse être valide à une autre échelle. Il existe plusieurs ambigüités [5] dont celle concernant la validité de la relativité générale à plus grande échelle.
Conclusion provisoire
Un problème de pauvreté lexicale peut en cacher un autre. La communauté scientifique a lentement évoluée au cours des siècles, entre le protocole globaliste mythique vers le réductionnisme jugé plus prudent et plus rigoureux. On passe du tout holiste au tout réductionniste. Toujours ce besoin d'absolu. La sagesse serait peut-être de chercher l'équilibre entre les deux approches en se débarrassant bien entendu des mythes et des dogmes attachés à l'ancien protocole. Attention également aux dérives du réductionnisme qui notamment ont tendance à considérer que le caractère discret de la théorie quantique est une base fondamentale. Cet aspect binaire (tout ou rien) ressemble encore aux vieilles lunes de l'absolu ! Plusieurs physiciens [6] ont émis l'idée simple qu'il devait exister une antériorité du continu sur le discret. Comme pour le cosmos qui aurait un niveau « sup-univers », cette idée tend à montrer qu'il existe par symétrie, un niveau sub-quantique. Cette idée recèle un potentiel formidable pour se débarrasser des valeurs absolues. Par exemple, une approche dynamique, oscillante et continue du zéro admet l'idée clef de limite asymptotique. Cet évitement naturel du zéro absolu ne peut alors exister que sous un protocole minimaliste au travers de paires de particules virtuelles vibrantes. On ouvre ainsi le champ à des prémisses fondatrices qui considèrent que l'entité élémentaire la plus simple d'un néant est sous forme d'un oscillateur 1D. Il est naturellement contraint de posséder une fonction élémentaire gérant le triplet incontournable, inertie-force-fréquence. Le régime continu permet des valeurs variables, aléatoires et cycliques dont la somme algébrique garantit un strict zéro relatif tant que la liaison causale est maintenue. Ce nouveau paradigme, oscillateur continu, révolutionne l'ancienne connotation statique du mot « néant ». Il est différent de l'oscillateur quantique dont le caractère binaire est un effet induit. La première partie de ma théorie OSCAR (Oscillateurs Subquantiques Continus Anharmonique Reliés) démontre qu'il existe une fonction simple qui construit des constantes fondamentales à partir de valeurs continument variables et donc aléatoires. Dans cette période où la cosmologie est en crise [7], il convient de faire l'inventaire complet des nouveaux paradigmes et de bien peser leur pouvoir prévisionnel et pour le moins, leur capacité à expliquer et être cohérent aux observations les plus énigmatiques.
Lire la partie 1 du modèle OSCAR sur mon site :
http://www.cosmologie-oscar.com/
Références :
[2] Pr Chems Eddine Chitour, " La création de l'univers : ce que disent les religions, ce que poropose la science" ; mondialisation.ca , 2010-08-27
[3] site de l'auteur (cosmologie-oscar)
[4] Marceau Felden « la physique et l'énigme du réel » Bibliothèque Albin Michel, Paris, 1998.
[5] James Binney "Dynamique galactique", université de Princeton 1987. ISBN 0-691-08445-9.
[6] René Thom, ≪ Prédire n'est pas expliquer ≫, 1991, Flammarion, Champs
[7] http://www-astro.ulb.ac.be/Publications/aj_grands_problemes.pdf
Questions et Réponses
La rage est une maladie véritable ment effroyable. Un homme atteint de la rage meurt inévitablement, après des souffrances terribles, sans que l'on ne puisse rien faire. (bien sûr, au cas où n'a pas reçu le vaccin dans le temps près de l'incident).
Cet article a pour but d'expliquer ma théorie sur la création de l'univers afin de résoudre le problème: "Il ne peut exister depuis toujours mais ne peut avoir une "date de naissance".
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