Le phénomène des « Sephora Kids » s’installe dans les habitudes de certaines préadolescentes. L’expression désigne des jeunes qui fréquentent les enseignes de cosmétiques et reprennent des gestes de soin jusque-là associés aux adultes. Dans un article publié le 2 novembre 2026, le magazine Châtelaine décrit des routines pouvant réunir sérums, masques, lotions toniques et crèmes destinées au jour, à la nuit ou au contour des yeux.
Une tendance amplifiée par les réseaux sociaux
L’intérêt des enfants pour le maquillage n’est pas nouveau. Ombres à paupières et rouges à lèvres ont longtemps fait partie des jeux d’imitation. Ce qui change, selon les spécialistes interrogés par Châtelaine, tient à l’environnement numérique : les algorithmes renforcent la visibilité des tendances lancées par des influenceurs, tandis que l’industrie cosmétique cherche à toucher des consommateurs de plus en plus jeunes.
« Les enfants ne cherchent pas seulement à être beaux. Ils cherchent aussi à appartenir à un groupe, à construire leur identité et à adopter des codes sociaux. »
Cette analyse est formulée par Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue. Pour elle, le maquillage ne relève donc pas uniquement de l’apparence. Il peut aussi participer à la construction de l’identité et à l’adoption de signes associés à un groupe.
Des soins pas toujours adaptés aux peaux jeunes
L’utilisation de cosmétiques peut avoir des aspects positifs, estime de son côté Sarah Bélanger, chimiste en cosméceutique, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Miss Derme. Elle peut contribuer à installer certaines habitudes et, lorsqu’il s’agit de maquillage, encourager la créativité ainsi que l’expression de soi.
La spécialiste met toutefois en garde contre deux dérives principales : la multiplication des achats et le recours à des produits dont les ingrédients actifs ne correspondent pas aux besoins des peaux jeunes. La question posée aux parents ne porte donc pas seulement sur l’âge auquel un enfant commence à utiliser des cosmétiques, mais aussi sur la nature des produits employés et sur la place prise par cette routine.
- Maquillage : il peut servir à jouer, créer et exprimer son identité.
- Réseaux sociaux : les algorithmes accélèrent la diffusion des tendances beauté.
- Soins : les actifs de certaines formules peuvent ne pas être adaptés aux peaux jeunes.
- Vigilance : la surconsommation constitue l’un des risques identifiés par Sarah Bélanger.
Le phénomène appelle ainsi une approche nuancée : l’intérêt pour les cosmétiques peut accompagner l’expression personnelle, mais l’accumulation de produits et l’imitation de routines conçues pour les adultes soulèvent des questions particulières chez les plus jeunes.