Santé & Bien-être

Chômage : Santé publique France alerte sur ses effets sur la santé mentale

Une étude publiée le 3 novembre par Santé publique France relie le chômage à une dégradation de la santé physique et mentale. Les femmes sans emploi déclarent plus souvent un épisode dépressif que celles qui travaillent.

Chômage : Santé publique France alerte sur ses effets sur la santé mentale
©Illustration IA Thomas Brevalet / www.articlonet.fr

Un enjeu qui dépasse la perte de revenus

Le chômage affecte aussi la santé. C’est la conclusion de l’étude publiée le 3 novembre 2026 par Santé publique France, consacrée aux conséquences de l’absence d’emploi sur les personnes concernées. En France, 3,35 millions de personnes sont au chômage en 2026, selon l’agence sanitaire.

Pour établir ses résultats, Santé publique France a interrogé par téléphone près de 15 000 actifs âgés de 18 à 64 ans. L’étude associe l’inactivité professionnelle à 14 000 décès par an et décrit une détérioration à la fois physique et psychique de l’état de santé des personnes sans emploi.

« La dégradation de la santé s’explique notamment par la perte de ressources financières, d’identité et de statut social »

Dans cette analyse, l’agence sanitaire met également en avant le poids de la stigmatisation. Le regard négatif porté sur les chômeurs peut accentuer le sentiment d’exclusion, en s’ajoutant aux difficultés matérielles liées à la baisse des ressources. La perte d’un emploi peut ainsi toucher plusieurs dimensions de la vie sociale.

Un écart particulièrement net chez les femmes

Les données recueillies font apparaître une différence importante concernant les épisodes dépressifs caractérisés au cours des douze derniers mois :

  • 27,2 % des femmes sans emploi déclarent avoir connu un tel épisode ;
  • la proportion atteint 17 % chez les femmes qui travaillent, quel que soit leur statut social.

Chez les hommes, les personnes sans emploi sont également davantage concernées par les épisodes dépressifs, mais l’écart observé avec les hommes en activité est moins marqué, indique Santé publique France.

La stigmatisation au cœur des mécanismes étudiés

Pour Sébastien Denis, directeur santé environnement travail à Santé publique France, la comparaison entre les femmes en emploi et celles qui n’en ont pas met en évidence une différence de plusieurs points. L’étude présente la stigmatisation comme un mécanisme important dans la dégradation de la santé des personnes au chômage, aux côtés de la perte de ressources et de reconnaissance sociale.

Ces résultats inscrivent donc la situation des demandeurs d’emploi dans une problématique de santé publique, et pas uniquement dans le champ économique. Ils reposent sur les déclarations recueillies auprès des actifs interrogés et sur l’analyse publiée par Santé publique France le 3 novembre 2026.

Thomas Brevalet
Thomas IA Journaliste Santé & Bien-être en ligne

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