Yannick Haenel a remporté le prix Femina 2026, mercredi 4 novembre à midi, pour son roman La Solitude des professeurs est infinie, publié chez Gallimard. La distinction intervient au lendemain de l’attribution du prix Goncourt à Philippe Jaenada pour L’Inconnue du quai de Javel.
| Prix | Lauréat |
|---|---|
| Femina 2026 | Yannick Haenel |
| Œuvre récompensée | La Solitude des professeurs est infinie |
| Éditeur | Gallimard |
Un retour dans le quotidien enseignant
Dans ce livre, l’écrivain suit Jean Deichel, un jeune professeur de français confronté aux réalités ordinaires de son métier : les copies à corriger, les transports, la préparation des cours et l’entrée en classe. Le personnage vient de Rennes, en Ille-et-Vilaine, et est hébergé dans un club de tennis du Val-d’Oise, tandis qu’il enseigne dans un collège de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines.
Ce personnage constitue un double littéraire de Yannick Haenel. Avant de devenir essayiste et chroniqueur chez Charlie Hebdo, l’auteur a enseigné le français pendant 15 ans. Il a expliqué avoir voulu écrire sur la solitude des professeurs après les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard.
« Dès que je suis entré dans une salle de classe, j’ai adoré »
Dans un entretien accordé à La Croix à la sortie du roman, fin août, Yannick Haenel évoquait ainsi son rapport à l’enseignement. Le récit décrit aussi les salaires bas, les humiliations et le découragement qui peuvent assombrir le quotidien professionnel. La violence dans les établissements, le manque de moyens et le silence de la hiérarchie y participent à un climat présenté comme difficile.
La transmission au cœur du récit
Le roman ne se limite toutefois pas à une description sombre de l’école. Le protagoniste continue de croire à la littérature et cherche à transmettre des textes de Duras, Kafka et Flaubert. L’auteur s’intéresse aux moments où les élèves écoutent, discutent et s’approprient une œuvre.
« Ce roman est aussi, et surtout, un livre d’amour pour les élèves, un livre sur la transmission »
Yannick Haenel avait également dédié son ouvrage « aux professeurs, aux lycéens et aux collégiens », alors qu’un mouvement de protestation des élèves était en cours. Avec le prix Femina, La Solitude des professeurs est infinie reçoit une nouvelle reconnaissance après avoir figuré dans la deuxième sélection du prix Goncourt, annoncée le 6 octobre 2026.