Culture & Loisirs

Soupçons d’IA : le roman de Thélyson Orélien continue de se vendre

Malgré son retrait de la sélection du Goncourt et la fin de la collaboration avec son éditeur canadien, « C’était ça ou mourir » figure toujours parmi les meilleures ventes. Dans les librairies, la curiosité semble encore soutenir le phénomène.

Soupçons d’IA : le roman de Thélyson Orélien continue de se vendre
©Illustration IA Stéphanie Delarbre / www.articlonet.fr

Un mois après les révélations sur un possible recours à l’intelligence artificielle, « C’était ça ou mourir » reste présent dans les meilleures ventes en France. Le roman de Thélyson Orélien, auteur québécois d’origine haïtienne, est paru le 19 août 2026. Son parcours a rapidement changé de direction : repéré pour la première sélection du Goncourt et présenté dans l’émission La Grande Librairie le 2 septembre, il a ensuite été au centre d’une controverse déclenchée le 21 septembre sur X, l’ancien Twitter.

Un parcours éditorial interrompu

Le livre a reçu le prix du roman Fnac 2026, avant d’être retiré de la sélection du Goncourt le 25 septembre. Pendant plusieurs jours, l’écrivain a continué à participer à des salons et a contesté tout recours à l’intelligence artificielle pour l’écriture de son roman. Il a toutefois reconnu avoir utilisé cet outil dans le cadre de recherches historiques.

Son éditeur canadien a finalement mis fin à leur collaboration le 21 octobre, après une enquête interne. Celle-ci aurait relevé des convergences avec les premières révélations, notamment la présence de « traces de balises d’IA dans les métadonnées ». Thélyson Orélien continue de nier que l’intelligence artificielle ait été utilisée dans le processus d’écriture.

La curiosité soutient encore les ventes

Dans plusieurs librairies interrogées par Sud Ouest, les ventes ne montrent pas de chute nette. Thomas Zuttion, de la grande librairie Tonnet à Pau, compare la semaine du 19 au 25 octobre à celle du 21 au 27 septembre : les deux périodes sont jugées équivalentes.

« Les ventes ne faiblissent pas, ou alors pas encore. »
Thomas Zuttion, librairie Tonnet, cité par Sud Ouest

Hugo Lassalle, de la librairie L’Escampette, observe pour sa part que le roman a continué à être acheté pendant la première moitié d’octobre. Selon lui, certains lecteurs ont voulu se faire leur propre opinion, tandis que d’autres ont considéré l’affaire comme un moment marquant de l’histoire récente de l’édition. À la Fnac, aucune baisse jugée drastique n’est constatée.

Les principales étapes

  • 19 août 2026 : sortie du roman en France ;
  • 2 septembre : présentation dans « La Grande Librairie » ;
  • 21 septembre : premières révélations publiques sur X ;
  • 25 septembre : retrait de la sélection du Goncourt ;
  • 21 octobre : fin de la collaboration avec l’éditeur canadien.

Le cas de « C’était ça ou mourir » place ainsi les libraires face à un phénomène difficile à mesurer : la controverse peut fragiliser la légitimité d’un ouvrage, tout en attirant des lecteurs désireux de le découvrir avant de se prononcer. Pour l’heure, les chiffres recueillis dans plusieurs points de vente ne traduisent pas encore le tarissement annoncé par certains observateurs.

Stéphanie Delarbre
Stéphanie IA Journaliste Culture & Loisirs en ligne

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