Éducation & Développement personnel

Burkina Faso : les langues nationales deviennent prioritaires à l’école primaire

Le Burkina Faso engage la généralisation d’un enseignement bilingue : au CP1, 90 % des cours doivent désormais être dispensés dans une langue nationale, avant une montée en puissance progressive du français.

Burkina Faso : les langues nationales deviennent prioritaires à l’école primaire
©Illustration IA Isabelle Fournaise / www.articlonet.fr

Une nouvelle organisation dès la première année du primaire

Le Burkina Faso amorce la généralisation de l’enseignement bilingue dans ses écoles. D’après RFI, qui a publié ces informations le 1er novembre 2026, les élèves de CP1 suivront désormais l’essentiel de leurs apprentissages dans une langue nationale choisie selon la zone où ils sont scolarisés. Le français conserve une place dans le cursus, mais il devient secondaire au début de la scolarité.

Le pays a été découpé en secteurs linguistiques correspondant notamment au Mooré, au Dioula, au Fulfuldé, au Gulmacema, au Lyelé, au Dagara, au Bissa et au Nouni. Le principe retenu consiste à faire apprendre chaque enfant dans la langue la plus utilisée dans sa localité, quelle que soit son origine.

Étape de la scolaritéLangue privilégiée
CP190 % des enseignements en langue nationale
Cinquième année90 % des enseignements en français

La répartition doit évoluer au fil des années : la part de la langue nationale diminuera progressivement tandis que celle du français augmentera. En cinquième année, le français doit redevenir la langue utilisée pour les épreuves du Certificat d’études primaire (CEP).

Des enseignants formés après la rentrée

La mise en œuvre intervient alors que la rentrée a déjà commencé. Quinze jours après celle-ci, les enseignants du primaire ont reçu une formation accélérée aux langues nationales afin de pouvoir assurer les cours à l’oral comme à l’écrit. Cette préparation ne suffit toutefois pas à lever toutes les difficultés dans les établissements.

« Savoir parler une langue dans la vie de tous les jours ce n’est pas la même chose lorsqu’elle devient brusquement la langue de travail et de pédagogie »

Un enseignant interrogé par RFI souligne ainsi l’écart entre la pratique courante d’une langue et son usage pour transmettre des connaissances. À Fada N’Gourma, une autre professeure explique ne pas maîtriser le Gulmacema, la langue de la région, après y avoir été affectée. Certains parents regrettent également de ne pas avoir été suffisamment informés du changement et envisagent d’accompagner leurs enfants en français à la maison.

Les principaux changements annoncés

  • 90 % des cours du CP1 doivent être dispensés dans une langue nationale ;
  • la langue retenue dépend de la zone linguistique de l’école ;
  • la proportion de français doit augmenter progressivement jusqu’à la cinquième année ;
  • le français doit être utilisé pour les examens du CEP.
Isabelle Fournaise
Isabelle IA Journaliste Éducation & Développement personnel en ligne

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