Les femmes déclarent davantage de troubles dépressifs que les hommes en France. C’est le constat mis en avant par un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), publié le 2 novembre 2026. Selon une étude de Santé publique France publiée à la fin de 2025, la prévalence de ces troubles atteint 18,2 % chez les femmes, contre 12,8 % chez les hommes.
Un écart qui apparaît dès l’adolescence
Le HCE indique que cette différence est visible dès la puberté et se retrouve ensuite à tous les âges et dans tous les milieux sociaux. Le rapport écarte l’idée d’une fragilité féminine présentée comme naturelle et examine plutôt le rôle des conditions de vie, des injonctions sociales et des violences.
« Cet écart apparaît dès la puberté et se retrouve à tous les âges de la vie, dans tous les milieux sociaux, et à l’échelle mondiale », souligne le HCE.
Les données concernant les collégiennes illustrent cette période de bascule. Dans une enquête publiée en juin par Santé publique France, 57,7 % des filles en fin de collège déclaraient avoir un bon bien-être mental, contre 80,3 % des garçons. Le rapport relève également une inquiétude plus fréquente des filles vis-à-vis de leur apparence physique.
Des facteurs de risque multiples
Le HCE met en cause plusieurs pressions qui peuvent fragiliser la santé mentale au cours de la vie :
- les normes liées à l’apparence et au « corps parfait » dès l’adolescence ;
- les attentes autour de la maternité et du rôle de mère ;
- les violences et les inégalités ;
- la solitude pouvant accompagner certains parcours, notamment au veuvage ;
- l’exposition sur les réseaux sociaux à des images retouchées et à des contenus pouvant encourager des troubles alimentaires.
Le rapport établit notamment un lien entre l’anorexie et la dépression : plus de 80 % des cas d’anorexie concernent des filles, et ce trouble est associé à un risque jusqu’à quatre fois plus élevé de connaître un épisode dépressif majeur.
Des hospitalisations particulièrement nombreuses chez les adolescentes
Les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) montrent qu’en 2025, près de cinq filles sur 1 000 âgées de 10 à 19 ans ont été hospitalisées après une tentative de suicide ou une automutilation. Il s’agit du taux le plus élevé observé tous âges et sexes confondus.
| Indicateur | Femmes ou filles | Hommes ou garçons |
|---|---|---|
| Troubles dépressifs | 18,2 % | 12,8 % |
| Bon bien-être mental en fin de collège | 57,7 % | 80,3 % |
Pour obtenir des informations ou une aide, le 3114, numéro national de prévention du suicide, propose des appels gratuits et confidentiels. Le site Santé mentale info service est également cité par le HCE. En cas de symptômes dépressifs, d’automutilation ou de pensées suicidaires, il est recommandé de solliciter rapidement un professionnel de santé.