L’obésité ne se résume pas à l’alimentation ou au manque d’exercice, a rappelé la Dre Vanessa Tardio, codirectrice du Centre d’excellence en métabolisme du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Ses propos ont été rapportés par Avantages le 30 octobre 2026, lors de la conférence Régimes collectifs & santé au travail 2026.
Une maladie liée à de multiples facteurs
D’après les données présentées par la spécialiste, plus de 230 causes peuvent être associées à l’obésité. Elles comprennent notamment des facteurs génétiques, hormonaux, neurologiques, psychosociaux et environnementaux. Cette diversité explique pourquoi sa prise en charge ne repose pas sur une mesure unique.
« L’obésité n’est plus liée au fait de trop manger et ne pas faire assez d’exercice », a rappelé la Dre Vanessa Tardio.
Les conséquences concernent aussi la vie professionnelle. Au Canada, les dépenses attribuées à l’obésité et aux maladies qui lui sont liées ont atteint 27,6 milliards de dollars en 2023. Les coûts indirects, comprenant notamment l’absentéisme, l’invalidité et la perte de productivité, représentaient 21,7 milliards de dollars.
Une prise en charge qui combine plusieurs approches
Selon la Dre Tardio, les complications liées à l’obésité sont associées à une probabilité presque deux fois plus élevée de demander des prestations d’invalidité de courte durée. La prise en charge peut réunir plusieurs volets, adaptés à la situation de chaque patient :
- une alimentation équilibrée ;
- une activité physique ;
- un soutien psychologique ;
- des médicaments ;
- dans certains cas, une chirurgie bariatrique.
La spécialiste défend une organisation multidisciplinaire pour traiter cette maladie chronique. Les traitements médicamenteux évoluent également : des comprimés et des injections pourraient, selon les données qu’elle a présentées, être associés à une perte de poids supérieure à 20 % du poids initial. Ces résultats nécessitent toutefois une surveillance étroite, notamment en raison du risque de diminution de la masse musculaire.
Le suivi médical reste indispensable
La Dre Tardio recommande, chez les patients prenant des médicaments de la famille des GLP-1, d’augmenter les apports en protéines et de pratiquer des exercices. Toute question concernant un traitement, ses effets ou son adaptation doit être abordée avec un professionnel de santé, qui pourra tenir compte de l’état général et des besoins de la personne.